
Hier l’après-midi a commencé par un concert sur la scène gratuite de la région Centre, avec le groupe de Phil Herisson. Auteur, compositeur, poète et acteur, celui-ci propose des chansons à texte sur une musique bien fournie et rythmée. Il est accompagné par un guitariste, un bassiste, une chanteuse à la voix presque lyrique et une batteuse impressionnante. Leur musique rock se regarde autant qu’elle s’écoute.
Ensuite je suis allé à l’un des concerts les plus attendus, complet
depuis longtemps, avec Charlie Winston. Suite au décès d’Alain Bashung
ce concert a été déplacé de l’Auditorium au Palais d’Auron. C’est
dommage car je suis persuadé que la musique de Hugh Coltman et de
Charlie Winston se seraient mieux accommodée de l’acoustique de
l’Auditorium.

En première partie se produit Sliimy (à ne pas confondre avec Slimmy), que je considère comme un concept marketing dans l’air du temps. Sa musique pop acidulée n’est pas mauvaise en soi mais son maniérisme, son look et son attitude faussement amicale n’ont pas leur place dans une telle soirée, à mon avis. Sans parler des trois musiciens, simples tâcherons au service de la star Sliimy. Reste que la ribambelle de très jeunes gamins présents dans la fosse ont dû passer un excellent moment.

Ensuite vient Hugh Coltman, que je ne connais pas du tout. Tout de suite sa voix exceptionnelle me séduit. Épaulé par deux excellents guitaristes, un batteur et un claviériste, il chante surtout du blues et de la soul, mâtinés de jazz, voire de pop, et parle parfaitement français. Ancien membre de The Hoax, où il a touché à beaucoup de styles musicaux, y compris le hip-hop et le krautrock, il admire depuis longtemps John Coltrane et, comme lui, joue maintenant une musique construite et riche de façon très naturelle. Il passe allégrement de chansons calmes à d’autres où il gesticule tout au long de la scène. Enfin la complicité avec ses musiciens est évidente et participe du plaisir que je retire à l’écouter.

Enfin la star de la soirée entre en scène, élégamment vêtu de clair, gilet et chapeau blanc compris. La fosse s’est considérablement remplie et la foule l’acclame dès sa première chanson. Tout de suite le charme de Charlie Winston opère : il chante bien, il a de la classe, il sourit et lui aussi paraît très complice avec ses musiciens. Sa voix est moins cristalline que celle de Hugh Coltman, mais il montre bien plus d’énergie sur scène. Dansant, virevoltant, toujours avec élégance, il conquiert le public dès la première chanson. Ses influences viennent nettement de la soul, du blues et du folk, et ses chansons sont entraînantes, font du bien et donnent envie de chanter avec lui. Paroles parfois humoristiques, mélodies et arrangements travaillés, les talents de cet homme sont réels. L’une après l’autre on reconnaît des chansons entendues ici ou là, jusqu’au tube planétaire, “Like a hobo”, qui déclenche un véritable délire dans le public. Il faut dire que cette mélodie, déjà entraînante sur disque, dégage une énergie irrésistible sur scène. Impossible de ne pas remuer ni chanter en choeur avec Charlie Winston. Son humour et sa sincérité, qu’on veut croire réelle, achèvent de rendre cet artiste très attachant. Sans oublier que Peter Gabriel l’a remarqué dans son studio RealWorld, au point de l’emmener en tournée avec lui.




Pierrick : Encore hier, en fin de journée, j’ai eu l’occasion
d’aller traîner sur le Printemps de Bourges, le Centre-ville était plus
vivant que mercredi dernier, ouf ! Y retournant ce soir, j’espère que
le temps va s’améliorer (pluie) et qu’il sera à nouveau comme hier. Le
Printemps de Bourges reste néanmoins, toujours aussi agréable à
arpenter même avec un hélicopter au dessus de nos têtes !






